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Ce roman que je n'ai jamais fini

On en a toutes et tous des histoires jamais abouties, des idées veuves, des romans jamais finis. Je ne compte plus le nombre de fichiers dans mon ordinateur qui ne comportent que quelques pages, de carnets entamés où se bousculent que quelques mots.


Aujourd'hui, j'ai décidé de vous partager un extrait de l'un de ces romans que je n'ai jamais fini. Il s'agit d'un roman qui me tient à cœur mais que je n'ai jamais fini. Un roman historique, un roman d'amour durant la seconde guerre mondiale.



" Ça y est, la guerre est là… L’Allemagne a envahi la Pologne, sans déclaration de guerre, m’informa ma mère en me voyant arriver.


Les visages étaient fermés, sérieux. Des femmes pleuraient. Des hommes baissaient les yeux, mais je voyais des larmes sur leurs joues. La voix à la radio disait que la France allait entrer en guerre et qu’il fallait que tous les hommes en âge de combattre se tiennent prêts. Je serrai Madeleine un peu plus fort dans mes bras et je n’arrivai pas à croire ce que j’entendais. Une nouvelle guerre… ce n’était pas possible. Pas encore. Il y avait eu tant de morts, on ne pouvait pas recommencer. En rentrant à la maison, Clément était déjà là, assis sur le fauteuil, le visage sombre, un courrier à la main. Il me le tendit et je découvrais une lettre de mobilisation.


Ils sont venus me l’amener en main propre au travail, me dit-il.


Il était appelé à aller combattre avec le 214e régiment d’artillerie. Il était démobilisé le lendemain, en tant que première classe. Je ne pus m’empêcher de pleurer. Ce n’était pas possible, il ne pouvait pas partir à la guerre. Il s’approcha de moi et me prit dans ses bras.


Je vais revenir mon étoile, ne t’inquiètes pas. Les gars disent qu’on ne va pas entrer vraiment en guerre. La rumeur dit qu’Hitler va être calmé rapidement avec la Belgique et l’Angleterre. Et puis les troupes sont déjà en place en Alsace, prêtes à contrecarrer les Allemands.

Oui, mais toi dans tout ça ?

Tu sais, je ne vais rien faire d’héroïque. Mon rôle en tant que réserviste, c’est surtout de conduire les camions, gérer les munitions. Je ne serai pas directement sur le front.

Qu’est-ce que tu en sais ?

Rien, tu as raison. Mais pourquoi m’inquiéter pour des choses sur lesquelles je n’ai pas de prise ?

Je le regardai, les yeux remplis de larmes.

Je ne veux pas te perdre…

Et tu ne me perdras pas mon étoile…


Je voulais le croire. Réellement. Mais à l’intonation de sa voix, je savais qu’il n’y croyait pas lui-même. Cette nuit-là, je ne dormis pas. Clément finit par s’assoupir quelques minutes avant de se réveiller en sueur. Je vins me coller à lui.


C’est normal que tu aies peur.

Je ne devrais pas.

C’est humain. J’ai peur aussi.

Je dois être fort, pour toi, pour notre fille.

Tu as le droit de dire ce que tu ressens. Tu n’es pas un surhomme.


C’est à ce moment-là que je l’entendis pleurer.


Je crains de ne pas voir grandir Madeleine. J’ai peur de ne plus te voir rire, de ne plus te sentir ou te toucher. J’ai peur de ne jamais revenir…

Tu reviendras… tu n’as pas le choix…


Il m’embrassa et on fit l’amour cette nuit-là. Comme pour mémoriser notre amour. Comme pour se souvenir de chaque partie de nos corps, ensemble. Comme pour célébrer notre amour. Plus fort que tout.


Le matin arriva très vite et fut difficile. J’avais laissé Madeleine à ma mère et j’avais suivi Clément jusqu’à la caserne. Tant d’hommes en uniformes, tant de femmes en larmes. Alors que nous arrivions au portail, il se tourna vers moi :


Reste là. Je veux garder cette image de toi. Ce regard sans larmes, ce sourire sur ton visage. Je veux mémoriser cette image en moi et tu m’accompagneras chaque jour. Je t’écrirai mon étoile, dès que je le pourrai. On correspondra, chaque jour. Tu ne quitteras pas mes pensées. Jamais.


Il s’approcha et m’embrassa. Son baiser fut long, humide et chaud. Je ne voulais pas qu’il s’arrête. Je voulais mémoriser chaque moment, chaque partie de son corps, je ne voulais pas le laisser partir. Quand nos lèvres se décolèrent, il plaqua son front sur le mien et me dit :

Je t’aime Louise. Je t’ai aimé dès le premier jour que je t’ai vu et je t’aimerai toute ma vie. Mais si je ne reviens pas, s’il te plait, promets-moi… ne m’attends pas…

Non…

Laisse-moi finir. Ne vis pas dans mon souvenir. Sois heureuse, sois solaire, sois la femme qui m’a fait tomber éperdument amoureux de toi. Promets-le-moi. Surtout, fais attention à toi, à Madeleine. Je vous aime de tout mon cœur, de toute mon âme et à jamais.

Ses yeux plongés dans les miens, dans un effort surhumain, je clignai de mes paupières bien trop humides. Je crus voir une lueur s’allumait au fond de son âme et avant que je puisse répondre quoi que ce soit, il s’écarta et parti. Il ne se retourna pas. Il ne m’envoya pas de baiser, pas de clin d’œil, pas de dernier sourire. Il disparut dans la foule d’hommes en uniforme, me laissant là, moi et mes larmes. Une partie de mon cœur arrachait, qui ne pourrait se recoller qu’à son retour. Ce que j’ignorai à ce moment-là, c’est que nous entrions en guerre contre l’Allemagne. Cette fameuse deuxième guerre mondiale.

Louise s’arrêta de parler en voyant son arrière-petite-fille en larmes. Elle aussi avait les yeux humides de se remémorer ses souvenirs douloureux. Mais après tout, la Deuxième Guerre mondiale faisait partie de leur histoire d’amour, hors du commun. (…)"


Alors, qu'en penses-tu ? Ce genre de roman historique te plait-il ?

N'hésite pas à me laisser un petit commentaire, je te répondrais avec plaisir !


A bientôt,

Tendrement,



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